• De la vallée des noyers parlants à celle de l’Autre (Eden et après) — entretien avec Luminitza C. Tigirlas

    Pré­sen­ta­tion et entre­tien réa­li­sés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 2 mai 2019.

     

    Inter­ro­geant tout ce qu’il existe de mys­tique dans les grands textes, Lumi­nitza C. Tigir­las ne se laisse pas prendre au déca­lage que cette thé­ma­tique tend. Elle sait par sa poé­sie comme par ses ana­lyses des­cendre dans “lalangue” chère à Lacan et cher­cher la “dif­fe­rance” (Der­rida) que cela engendre de pal­pi­tant en secondes et tierces sous l’apparente ligne de conduite de tout dis­cours et sa poli­tique (du monde ou du “ciel”).  
    Fidèle dans l’esprit à Beckett mais choi­sis­sant une voie moins ano­rexique que la sienne, elle montre les farces de l’angoisse et de l’extase (deux bouts de la même ficelle). Elle pré­cise — mais sur­tout en sour­dine — que l’amour et son exi­gence res­tent mal­gré tout sacré­ment “gen­rés” comme cela se dit main­te­nant. Entre la coupe et les lèvres, sui­vant qui tient la pre­mière et qui tend les secondes la mise n’est pas la même… D’un côté le mur, la des­cente au tom­beau mal­lar­méen, de l’autre le pas­sage obligé du sacri­fice avant que sur­gisse chez la femme le ren­ver­se­ment des dia­lec­tiques animâles.

    Lumi­nitza C. Tigir­las, Avec Lucian Blaga, poète de l’autre mémoire Edi­tions du Cygne, coll. Por­traits lit­té­raires, Paris,  2019, 110 p. — 13,00 €.

    Entre­tien :

    Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
    Le merle blanc.

    Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?
    Par­fois, des poèmes.

    A quoi avez-vous renoncé ?
    À convaincre l’autre.

    D’où venez-vous ?
    D’une pluie de fleurs de cuivre, d’un exil dans l’alphabet de l’autre et d’un vil­lage dans la val­lée des noyers parlants.

    Qu’avez-vous reçu en dot ?
    Une bal­lade rou­maine, “Le Maître Manole” de la bouche de ma grand-mère maternelle.

     

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