• i.m. Annie Abellaneda

     

     

    Sœur par une langue de feuillages

    Pourquoi es-tu silence

    au-dessus de l’ombrage d’ici ?

     

    Nous suivons la huppe fasciée

    sur la même allée au Bois de Feuilly

     

    Un castanea hâtif éploie ses chatons

    vers les frémis du saule

     

    Les sèves s’exfiltrent des mots esseulés

    Ta voix entend muer              la mémoire

     

    Le bouleau s’écaille à l’os d’été

    À mes pieds — averse de lumière 

    Puis-je fouler ce don ? Mon corps l’évite

     

    Du vol — vertige de voyelles— j’écoute

    : le Bois m’appelle     ah-ah-ah nous…

    En Feuilly       En Feuillu       En langues

     

    (Luminitza C. Tigirlas, Poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2018.)

    « Ma porte secrète s'ouvre à la poésieNoyer au rêve »

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