• J'entends, j'entends la jeune glace

     

     

     

    Tristia  ...avec  Ossip Mandelstam déporté

     

     

    J'entends, j'entends la jeune glace

    Sous les ponts bruire de frissons,

    Je me souviens des houblons clairs

    Qui flottent au-dessus des têtes.

     

    Du haut des escaliers sans coeur,

    Des places aux palais anguleux

    Quand il sentait sa lèvre lasse

    Alighieri chantait bien mieux

    Ce cercle chéri de Florence...

     

    Cet autre granit granuleux

    Mon ombre le ronge des yeux,

    Elle voit la nuit des billots

    Qui le jour semblaient des maisons.

     

    Ou mon ombre bat le pavé,

    Fait du scandale, baille un peu,

    Court chez les gens se réchauffer

    Près de leur ciel et de leur vin.

    Et mon ombre nourrit de pain

    Amer les cygnes importuns...

    21-22 janvier 1937, Voroneje.

     

    Ossip Mandelstam, Tristia et autres poèmes, Gallimard, 1982,  p. 202.

     

     

     

     

    « L’arbre barbelé  Récital le 5.10.18 à Lyon »

    Tags Tags :
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :