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    Avec Jean-Claude Goiri : GESTUELLE 

         ...et d'un revers de plume je te souffle un

    mot

         quand sur le bout de ta langue il est déjà

    multiple

         il y a plus de mille œils qu'il est dans ton

    palais

         mais il était tombé de ton oreille en douleur

         et maintenant qu'il vibre dans tes corps tout

    entiers

         tu en auras pour mille œils à me le

    susurrer...

     

    Jean-Claude Goiri, GESTUELLE, Z4 éditions, 2018, p. 26.

     

     

     

     

     


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    Avec Patrick Beurard-Valdoye: Gadjo-Migrandt, LIL4

     

    ...

    île licite airesie où votre nom ne vacille plus dvip presqu’île athonite où

    l’icône s’exile miraculeuse

    dans l’acte graphique fusionnent la lettre et l’image

    faire du retrait dans l’image c’est lui donner du verbe c’est nommer la

    figure

     

    ce nom télémétrique Luca ce renom tétragramme à l’initiale « L » gravé en

    vous cette fois sans lapsus sans lacune fixité transmise lucarne du

    néant rempart digue d’une flotte orthographique : : VITA DOMBO

    DIMBO DOMBO DIMBO

     

    votre démarche vise jusqu’aux cimes de l’anti-Athos qu’une théorie de

    Sisyphes angoissés ne sait atteindre

     

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    Avec Patrick Dubost: Une "respiration"  

    (*26)

    Je m’appelle Mélancholie.

    Avec un « h ».

    Pour ne pas confondre avec

                    la fleur.

    Quelle fleur ?

    J’aurais voulu

                devenir un personnage.

    Je ne suis jamais

                que moi-même.

    Avec ma voix.

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    Sois pour moi l’ancre      ...avec Ana Blandiana

     

    Ne me laisse pas

    Tomber dans le futur,

    M’effilocher dans le temps qui viendra,

    Comme un oiseau

    Enseveli à l’horizon lointain

    Dans la tombe du ciel.

    Sois pour moi l’ancre

    Dans l’argile

    Capable de me retenir à l’herbe

    Du présent,

    Un présent devenu passé,

    Sois pour moi l’ancre

    Et demande…

     

     

    Ana Blandiana, REQUIEM, in « Ma patrie A4 »,

    Traduit du roumain par Muriel Jollis-Dimitriu, Black Herald Press, 2018, p. 103.

     

     

     

     

     


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    La nef les confisque au monde. La lumière vient par les baies de plein cintre. Elle glisse en

    rayons jusqu’à leurs épaules. Ils avancent, la tête levée, pour ne rien perdre de la lumière.

    Elle les aimante, les conduit. Ils pleurent peut-être. Ils se sont assis sur un banc dans la travée.

    Des voix rondes, à moins qu’elles ne soient fluides, croisent la lumière. Au-delà de la clôture,

    des formes blanches sur le blanc du calcaire. Elles appartiennent à l’architecture. Ils ferment

    les yeux. Accord des voix, du calcaire, de la lumière comme une vague qui n’en finit pas. Ils se

    sentent lavés.

     

    Anne-Lise Blanchard, Les jours suffisent à son émerveillement, éditions Unicité, 2018, p. 29.


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    Mue

    et caresse les détresses en lents

    tourbillons apaisants

     

                                       Puis

    dans l’éveil

    substantiel ou immatériel

    du fin fond du regard jusqu’aux confins de l’univers

     

     

    sans filets

    telle la danse du veilleur.

     

     

    Sa mue frise le désert

    de présences éternelles

     

     

    Béatrice Machet, MUER, L’Amourier éditions, 2004, p. 27. 


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    en toi grandit la chaleur

    de tribus dogons

    et de masques

     

    et l’homme rencontré

    se lève en toi

    comme une sève

     

    tu expérimentes

    le jaillissement

     

    gorge profonde

    tapissée de rouge

     

    est-ce chauve-souris

    prise dans la toile

    du sang

     

    tu étends des draps

    maculés

     

    au branches nues

    des arbres

     

     

    Valérie Canat de Chizy, Talisman, Préface de Marie-Ange Sébasti, L’Harmattan, 2013, p. 11.

     


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