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    Jour de plomb

    il n’y a plus de ciel

    les fusées l’ont fendu.

    Sommes-nous encore au monde ?

     

    Les aubes se meurent avant de naître

    le temps descend tout bas

    tout bas trébuche la lumière

     

    Jours de plomb

    aux pennes aux oiseaux

    aux vols en grève de l’oubli, en grève

     

    ( © Luminitza C. Tigirlas, En grève de l'oubli

    in Autres poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2022. © Tous droits réservés ) 

     

    Je remercie du coeur Les Co-llecteurs de Montpellier

    pour leur si aimable  invitation de présenter, mes poèmes,  mes livres,

    de répondre aux questions de François Szabo.

    Nous vous attendons nombreux le 19 mars à 14h30

    au Petit Théâtre du Gazette Café, 6 rue Levat Montpellier 34000.

     

    Pour lire plus, merci de cliquer sur le lien suivant: 

     

    https://printempsdespoetes.com/Luminitza-C-Tigirlas-Le-Sel-de-la-vie 


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    Le sixième jour à Kiev  

    la paix envoie de perce-neige en avant,

    leurs clochettes maculées de vert.

    Leurs têtes étonnées

    prennent feu

    dans les mains des enfants.

     

    Ils ne grandiront plus au bord de Dnipro

     

     

    Ce n’est pas le ciel qui se trompe de couleurs,

    en Ukraine la neige est sanguine.

    Un maître se déchaîne, il piétine, il piétine

    Où sont nos souffles ?

    Rouges débris du Kremlin

    pulvérisent la paix,

    pulvérisent les perce-neige,

    pulvérisent

    les rives, le fleuve, le jour de Martisor

     

    Luminitza C. Tigirlas,

    Montpellier, le 1 mars 2022.

    ( © Luminitza C. Tigirlas, Un premier mars sans paix

    in Autres poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2022. © Tous droits réservés ) 

     

     
    Tressé en fil de soie blanc et rouge, on porte le Martisor à la poitrine
    en signe de victoire du printemps contre l'hiver.
     
    Je ne le porte pas ce premier mars lorsque la tyrannie continue à attaquer l'Ukraine,
    aujourd'hui mon Martisor est poème.
     

     

    Le 19 mars 2022, à l'invitation des CO-LECTEURS,

    je lirai mes poèmes et répondrai aux questions sur mes livres

      au Petit Théâtre du Gazette-Café,

    je vous donne rendez-vous à 14h30 au 6, rue Levat, Montpellier. 

    Voir ci-dessous:

     

    https://printempsdespoetes.com/Luminitza-C-Tigirlas-Le-Sel-de-la-vie

     

       


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    pour Esther Tellermann 

     

    La troisième fois sera le jour d’Esther

    Jour du myrte avec ses vers en étoile,

    ses voyages dans les lettres, ses virages

    par la voix à l’essence allant

     

    Esther est fille de l’hirondelle. Avec son livre

    cachée dans le nom.

    Ses ailes de-trembleront le monde —

    par le geste affamé d’une parole

     

    D’un mutisme ancien, la matière des mots frémit

    Dans les interstices

    quelqu’un chancelle à sanglots.

    À l’aiguillage dans le poème d’Esther, le silence

    grossit, il prend corps, il éclate

    Le souffle s’anime —

    un filon transparaît comme parole mortifuge

     

    La troisième fois     le jour naîtra d’Esther

     

    ( © Luminitza C. Tigirlas, Jour d’Esther et de myrte, 

    in Autres poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2021. © Tous droits réservés ) 

     

     

     


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     Tentative de haïku     ...pour Georges SEVE,

    qui nous réunit généreusement au Qi Gong Bambou sur le Domaine de Méric à Montpellier.

    Lorsque je l'appelle Maître, l'homme sème sa poésie :  "milliMaître ça suffit..."

     

     

     

    Nu, l’érable dans la lueur du Lez

    Sur la rive

    le maître SEVE

    étire le sens du mouvement

    Je lève le bambou –

    une aile élance mon bras

     

     

    ( © Luminitza C. Tigirlas, Lueur du Lez, 

    in Autres poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2020. © Tous droits réservés ) 

     

     

     

     

     


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    à Gherasim Luca 

     

     

    Sa lettre hèle mon vitré fugueur

    Au fol jardin son corps est murmuré

    aux heures des fluides

    où l’espoir me trompe avec l’averse

    Les flots étirent le pli jusqu’au sol

    L’encre fuit

    L’épître s’imbibe aux notes camphrées

    par mon Bois de Hô     

    L’arbre est détenu dans le nom camphrier

    Alors il se traduit par Levée d’écrou

    Dans la cellule libérée     

    j’attends le corps flottant qu’il se console

     

    ( © Luminitza C. Tigirlas, Le corps flottant dans mon oeil gauche, 

    in Autres poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2020. © Tous droits réservés ) 

     

     

    La Lettre D

     

     

     

     

     

     

    Si j’ai eu le privilège de choisir entre les deux dernières lettres qui restaient à Doïna VIERU, artiste-peintre dans le désordre de son « Action poétique urbaine » à Paris, c’est parce que je suis sa mère et, entre les deux confinements, elle a pu descendre chez moi, à Montpellier. Par chance, l’une était celle qui me faisais frissonner le plus, car les 23 lettres à un inconnu font aussi partie de mon essai inédit LUCAPHONIE, dédié à l’œuvre-vie de Gherasim Luca, et dont un fragment publié en 2019 en revue traite minutieusement de cette prose poétique épistolaire Levée d'Écrou, née en 1954 et parue comme publication posthume en 2003 chez José Corti.

     L'extrait de mon manuscrit:

    Gherasim Luca-son double, son dé-z’écroué

     

    La Lettre D

     

    "8 novembre 19..

    Monsieur,

     

    Il nous est permis de croire dans le présent d’autant plus résolument que nous nous insérons mieux dans l’absent. Mais pour entretenir le fol jardin de mon espoir, il me faut d’abord – et je l’aurai, soyez en persuadé – la fleur de votre peau.

    Délicatement."

    Gherasim Luca, Levée d'Écrou, éditions José Corti, p. 9.

     

    À la page 57 de ce livre on trouve le fac-similé de la lettre du 8 novembre 19… :

     

    La Lettre D

     

     

     

    La lettre de Gherasim Luca transcrite par l'artiste-peintre Doïna VIERU, accrochée dans mon jardinet comme Action Poétique Urbaine,  a attirée mon regard de fin juillet à novembre 2020.

    Chaque jour, j'ai envoyé à Doïna les images de sa métamorphose, de ce que les pluies, les vents, le temps faisaient à ce corps en encre et papier dans sa chute du mur sur la terre sous mon Bois de Hô, l'Arbre de  la Vie après Hiroshima, que l'on nomme communément Camphrier...

    D'où mon poème d'aujourd'hui

     

    ...à son tour Doïna VIERU a fait des dessins

    et le scénario de leur préhistoire, 

    c'est notre 

    CréAction  dixit Gherasim Luca.

     

    https://doinadoina2000.wixsite.com/23lettres  

     


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    La transparence est en perdition

    Plus rien que la fêlure

    ses parois déchirées au plus près

    de ma bouche / éteinte la première

     

    Même pas l’aiguille d’un son

    Ni le bec du héron qui marie l’eau

    au limon / qui l’a prend / polygame 

    La touffeur roussit la rive

     

     

     

    ( © Luminitza C. Tigirlas, La transparence est en perdition, 

    dans  Poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2019.

    © Tous droits réservés ) 

     

     

     

     

    Datura ou Rose?

     

    Chez moi - Datura en rose. Photo de Luminitza C. Tigirlas

     

     


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    L’aube s’est déchirée des célestes

    Ma gorge s’est blessée

    d’être le cri   le visage   la fissure

    de ce jour à présages

     

    J’ai su qu’il y aura danse

    autour de la touffe de livèche :

    que les fourmis tourneront

    plusieurs fois la feuille

    avant que la reine n’ovule

    à même les trous dans le vert

     

    L’aube a ouvert la terre

    et j’ai vu pondre la faim

     

    ( © Luminitza C. Tigirlas, L’aube s’est déchirée ,

    dans  Poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2019.

    © Tous droits réservés ) 

     

     

    Luminitza C. Tigirlas le 19 juillet 2019 devant "mon château" à Saint-Priest

     

     

     

    Luminitza C. Tigirlas le 19 juillet 2019: devant "mon château" à Saint-Priest (Lyon)

     

     

     

     


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