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    La transparence est en perdition

    Plus rien que la fêlure

    ses parois déchirées au plus près

    de ma bouche / éteinte la première

     

    Même pas l’aiguille d’un son

    Ni le bec du héron qui marie l’eau

    au limon / qui l’a prend / polygame 

    La touffeur roussit la rive

     

     

     

    ( © Luminitza C. Tigirlas, La transparence est en perdition, 

    dans  Poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2019.

    © Tous droits réservés ) 

     

     

     

     

    Datura ou Rose?

     

    Chez moi - Datura en rose. Photo de Luminitza C. Tigirlas

     

     


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    L’aube s’est déchirée des célestes

    Ma gorge s’est blessée

    d’être le cri   le visage   la fissure

    de ce jour à présages

     

    J’ai su qu’il y aura danse

    autour de la touffe de livèche :

    que les fourmis tourneront

    plusieurs fois la feuille

    avant que la reine n’ovule

    à même les trous dans le vert

     

    L’aube a ouvert la terre

    et j’ai vu pondre la faim

     

    ( © Luminitza C. Tigirlas, L’aube s’est déchirée ,

    dans  Poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2019.

    © Tous droits réservés ) 

     

     

    Luminitza C. Tigirlas le 19 juillet 2019 devant "mon château" à Saint-Priest

     

     

     

    Luminitza C. Tigirlas le 19 juillet 2019: devant "mon château" à Saint-Priest (Lyon)

     

     

     

     


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    J’ai pris le gant oublié dans la volière

     

    Il garde les traces de tes doigts

     

    qui m’ont enserrée de l’intérieur

     

     

    Le velours est encore fatigué

     

    Sa volupté travaille

     

    à la délivrance de mon corps

     

    Moi l’oiseau de tes mots en soie

     

    Avec ton gant j’ai quitté la volière

     

     

     

    ( © Luminitza C. Tigirlas, La volière ,

    dans  Poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2019.

    © Tous droits réservés ) 

     


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    LUCAPHONIE est le jeu d’un enfant

    à qui on a dit de crier taire

    Au réveil il se lève de mon lit

    s’étire vers où hier le ciel

    plongeait ô ! Son oreille cherche

    les balles perdues

    parmi les voix de Gherasim Luca

    L’une est dans sa poitrine

     

    À une heure précise l’enfant exécute

    les airs de ses parents

    au silensophone

    C’est aussi l’heure à laquelle passe

    le Satori express avec Zéno Bianu

    au gouvernail

    Il ne freine pas pour l’enfant

    qui seul joue en LUCAPHONIE

    (©Luminitza C. Tigirlas, LUCAPHONIE,

    dans  Poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2019.

    ©Tous droits réservés ) 

     

     


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    Pour Doïna VIERU   et …le jour de 23 octobre

    lorsque son chant a donné le ton à sa peinture

     

     

    Leurres des blancs      Ensommeillées

    lueurs des jours premiers

    Ce temps est gong

    L’écru s’émince bredouille

     

    L’autre continent dort

    Deux océans volent    —une berceuse—

    Les flots se la partagent

    dans ta main

    où les couleurs débordent d’un ici lointain

    où la neige de l’enfance est ronde

     

    (Luminitza C. Tigirlas, Un vingt-trois octobre à nous,

    dans  Poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2018.

    @ Tous droits réservés ) 

     

     

    ...où la neige de l’enfance est ronde

     

     © Doïna VIERU

     

     

     


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    L’assèchement creuse l’émeute

    Temps noir — périple dans l’âme de l’onyx

    Tu attends le burin    ivre burin ivre

     

     

    Emily Young fixe le coin de l’œil à une tête monstrueuse 

    en pierre vivante crevassée aux bulles d’air voraces 

     

    Ma chair  / Le burin / L’attaquera-t-il aussi ? 

    Le même air m’aspire / Par l’océan de sel je mords aux Visions de l’Au-delà

    — Maître serais-je revenue sous le fouet de ton polyptique ?

     

    Ma nudité / L’éros  sans manque/ L’obscène de mon songe

    Ce goût à m’évanouir dedans

    L’Enfer du peintre m’est si familier/ N'est-il qu'un mirage de style ?

     

    Tu me hèles au jardin / Au « délices terrestres » les volets me sont fermés

    — Tourne le globe transparent dans les lueurs marines de la genèse

    L’après-midi avance des ombres aux géantes / aux têtes semi-finies 

      

    Qui étire la voix des pierres ?

    La sculptrice arrache Tintoret à la tétée du Jugement

     

    Cercle des formes volées

    à l’achèvement / au souffle adriatique / aux musiques enfuies 

     

    Tu ranimes un cloître — Madonna dell’Orto — un jour de septembre

    Ma Vénétie      Sans fin est l’attente

     

    (Luminitza C. Tigirlas, Poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2018.) 

     

    Madonna dell’Orto Madonna dell’Orto  

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Sculptures: Emily Young, Venise, septembre 2015.

    Credits photos:

    Christian Claudepierre


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    Plain-chant de l’oubli

    sonne encore l’alarme de mon absence

     

    Du magma craintif          je m’enroule

    en boule des mots —

    que les chatons me laissent défaire

    alors qu’ils s’emparent

    de la voix neuve d’une sœur

    (peut-être la mort)

    qui me visite par délices

    et par cahots    sans langue répertoriée

     

    (Luminitza C. Tigirlas, Poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2018.)

     

     

     


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