• pour encore remonter le vent

     

    jusqu’à la rupture (de la voix)... avec Benjamin Guérin

     

    Je me suis arrêté au bord des grands hêtres

    ces arbres dont la tête ressemble tant à ma main

    ouverte et lacérée sans fin

    des lignes de la vie.

     

    En ces troncs j’ai creusé mon abri, qui m’isole et protège,

    pendant mon sommeil, comme un père, attendri.

     

    En ce lieu, l’habitant est nu

    il doit trouver seul son habit.

    Les pierres les premières y pourvoient

    elles façonnent la voûte de son pied

    et les chutes épaississent ses chairs.

    Il s’habille de cuir. Il est sans habitudes.

    Les chemins accordent son souffle

    et sans cesse à contre courant

    il tend ses nerfs comme les haubans

    jusqu’à la rupture jusqu’au cri

    pour encore remonter le vent.

      

    Benjamin Guérin, Chants du voyageur, Poèmes,

    recueil accompagné d'encres de Jean-Giles Badaire, éditions de Corlevour, 2019, p. 58. 

     

    Chants du voyageur

     

     

     

     

     

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