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    contre le ciel ... avec Esther Tellermann

     

    J'étais allée

    contre le ciel

    je voulais que 

    tu me nommes

    au lieu de

    ta poussière

    plus

    au lieu d'une

    implosion

    d'une enfance

    parmi les sols

    d'abandon

    les chaos des routes

    humides

    les mousses

    un peu de peau

    repliée.

     

    Esther Tellermann, Sous votre nom, Flammarion, 2015, p. 36. 

     

     

    Sous votre nom

     

     

     


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    dans le vertige effrayant et calme ...avec Matthieu Messagier

     

     

    Les chiens dorment dans mon vide

    j'étreins leur inconstance

    et soumets mon vertige sorti du sommeil

    aux soupirs

    ronflements 

    grognements

    qu'ils laissent échapper à l'avidité

    de l'après-midi caniculaire

    qu'ils laissent échapper

    aux riens pleins

    qui nous restent

    aux  chiens et moi

    dans le vertige de l'après-midi caniculaire

    dans le vertige effrayant et calme

    de l'après-midi

    entre celle de hier 

    et celle de demain

     

    Matthieu Messagier, Poèmes sans tain: autres sauvageries, poems,

    Flammarion,  2010, p. 233.

     

     

    les routes coupées

     

     

     


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    La toute fraîche revue de littérature L'intranquille N° 16 

    m'accueille dans ses pages avec

    un ensemble de mes poèmes intitulé

    "Un vide à inventer" .

    Mes remerciements chaleureux vont à l'éditrice

    Françoise Favretto (Atelier de l'Agneau éditeur) 

    pour cette parution qui annonce le printemps  2019.

     

    NOUVEAU

     

    L'INTRANQUILLE N°16 

     

     L'INTRANQUILLE N°16

     

     
     

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    Sur le fleuve ...avec Silvia Baron Supervielle

     

     

    demain tourne et retourne

    à cette station du présent

    sans rêves et sans prières

    où le paysage proche innommé

    raccorde l'attente à l'aube

    la lumière au jour qui s'en va

    entre des gares sans arrêts

    on ne peut pas ouvrir la porte

    ni freiner l'allure ni sauter

    rien ne conduit le temps

    qui ne change pas de voie

    jusqu'à ce que le vide

    rouille le rail

     

     

     

    Silvia Baron Supervielle, Sur le fleuve, Arfuyen, 2013, p. 83. 

    Prix de Littérature Francophone Jean Arp 2012.

     

     

     

    ...ni freiner l'allure ni sauter

     

     

     


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    Oiseaux ...avec Saint-John Perse

    D'une parcelle à l'autre du temps partiel, l'oiseau

    créateur de son vol, monte aux rampes invisibles et

    gagne sa hauteur...

    De notre profondeur nocturne, comme d'un écubier sa

    chaîne, il tire à lui, gagnant le large, ce trait sans fin de 

    l'homme qui ne cesse d'aggraver son poids. Il tient, de

    haut, le fil de notre veille. Et pousse un soir ce cri d'ail-

    leurs, qui fait lever en songe la tête du dormeur.

     

    Nous l'avons vu, sur le vélin d'une aube; ou comme il

    passait, noir -- c'est à dire blanc -- sur le miroir d'une

    nuit d'automne, avec les oies sauvages des vieux poètes

    Song, et nous laissait muets dans le bronze des gongs. 

     

    Saint-John Perse, AMERS suivi de OISEAUX, Poésie/Gallimard, 2012, p. 155.

     

     

     

    ...et nous laissait muets

     


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    ...qui dans un souffle ...avec Isabelle Lévesque

     

     

    Souffle, souffle sur moi et tu apparaîtras. Qui es-tu,

    mon inconnu? Qui es-tu, venu troubler l'eau claire d'un

    tourbillon? Qui es-tu, fraîcheur nouvelle emportée? Qui

    est cet homme, mien-léger, qui dans un souffle a effacé le

    vide? 

     

    Peau vivante et nue, laisse les fleurs. Rien n'a plus

    cours et le passé vide son fardeau.

     

     

    Isabelle Lévesque, Ravin des Nuits que tout bouscule , Les écrits du nord, Editions Henry, 2014,  p.  23.

     

     

     

    Ravin des Nuits...

     

     

     

     

     


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    Prince du Grand Exil    ...avec Fernando Pessoa

     

    Je lis comme si j'abdiquais. Et, de même que la cape et la couronne royales n'ont jamais autant de grandeur que lorsque, à son départ, le roi les abandonne sur le sol -- de même je dépose, sur les mosaïques des antichambres, tous les trophées de l'ennui et du rêve, et je gravis les escaliers, revêtu de la seule noblesse de mon regard. 

    Je lis comme si je passais. Et c'est chez les classiques, chez les calmes, chez ceux qui , s'ils souffrent, point ne le disent -- c'est chez eux que je me sens sacré comme voyageur, que je suis oint pèlerin, être contemplant sans raison un monde qui n'obéit à nul dessein, Prince du Grand Exil qui a fait en partant, au dernier mendiant l'aumône ultime de sa désolation.

    ...

    Je lis et me livre, non pas à la lecture, mais à moi-même.

     

     

    Fernando Pessoa, Le livre de l'intranquilité de Bernando Soares,

    Christian Bourgois éditeur, 1988, p. 103-104.

     

     

     

     

     

     

     


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