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    ...suite

    Le Dieu-Haleur affectionne toujours le noir mais il ne se souvient plus comment c’est... / lorsqu’on est l’enfant de sa mère /

     

    Émergé de sa fluidité matricielle, il enferma ses premières sensations dans une minuscule sphère de malachite. Qui la voit suspendue à son palais ? Di-Di-Di !

    Ses cordes vocales papillonnent, la capsule mémorielle paraît une troisième de leurs ailes.

     

    Toute une fantasmagorie intime, les effusions de sa mère infiltrent sa voix.

    L’essor vocal du jeune Dieu-Haleur n’est que vagissement liquide : naissez algues obscures ! Qui vous corrompe ?  

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     


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    Avec Patrick Dubost: Une "respiration"  

    (*26)

    Je m’appelle Mélancholie.

    Avec un « h ».

    Pour ne pas confondre avec

                    la fleur.

    Quelle fleur ?

    J’aurais voulu

                devenir un personnage.

    Je ne suis jamais

                que moi-même.

    Avec ma voix.

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    ...suite

     

    L’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur, qui n’est pas toi, cherche un complice pour amarrer la matricaire à sa motte d’origine.

    À son cou d’Aiguilleur, les sonnailles ne cachent pas l’émoi.

    La plante pourrait se réfugier ! Il serait terrible que sa tête se déplace clandestinement sur l’autre rive, que son corps matricaire se fasse passerelle de fibre végétale au-dessus de la grande eau.

    Eh-Eh-Eh-Oh ! Les deux mondes ne sont jamais à confondre.

    Le Dieu-Haleur peut deviner le récif que personne ne soupçonne en dehors de sa mère fluviale. Quel compère de choix ! Mais pourquoi refuse-t-il la coalition ?

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     

     


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    L’appel sera. Comment s’élèvera la clameur de demain ?

    Viscérale comme l’enfance ?

    Le Dieu-Haleur n’effleure pas le non du silence.

     

     La frontière s’est assouplie, elle serpente dans l’eau lentement / onctueuse.

    L’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur, qui n’est pas toi, adopte un nouveau stratagème : il feint d’ignorer la rive Est. /

    Sans surveillance, la tige d’une matricaire s’étire à toute allure… Son cœur, disque bombé, palpite jaune-dense, fait fuir son propre halo de pétales écrémés.

      

    Panique ! Le son halète noctambule. / Vers l’OùEst ?

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

    Alerte aux réverbérations ()4

    Credit photo: Christian Claudepierre

     


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    Eh-Oh-Eh ! La nuit crachouille dans le flot de parole :

    Elle aurait pu. Elle aurait pu. Elle aurait pu. /

    Te donner la main.

    Te prendre la main.

    Mais c’est une mère qui se trouve toujours de l’autre côté. /

     

     Le fleuve de l’abstraction ne supporte que les écartèlements de rigueur.

    Il faut de l’Est et de l’incantation pour attirer l’autre rive.

    Le Dieu-Haleur trébuche au milieu du geste vocal—Vain Vain Vain…/

    L’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur, qui n’est pas toi,

    embrume la phrase avec les accents d’un alphabet d’importation.

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     

     

     

     


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    Sois pour moi l’ancre      ...avec Ana Blandiana

     

    Ne me laisse pas

    Tomber dans le futur,

    M’effilocher dans le temps qui viendra,

    Comme un oiseau

    Enseveli à l’horizon lointain

    Dans la tombe du ciel.

    Sois pour moi l’ancre

    Dans l’argile

    Capable de me retenir à l’herbe

    Du présent,

    Un présent devenu passé,

    Sois pour moi l’ancre

    Et demande…

     

     

    Ana Blandiana, REQUIEM, in « Ma patrie A4 »,

    Traduit du roumain par Muriel Jollis-Dimitriu, Black Herald Press, 2018, p. 103.

     

     

     

     

     


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    Ha !  L’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur, qui n’est pas toi, a oublié son regard rivé sur le bord de

    l’Est.

    Il scrute la rive et entend l’eau miroiter.

     

    L’étendue clapote / elle invente des clapotis obscurs rêvant que le Dieu-Haleur revient pour être à nouveau son petit.

     

    C’était un enfant qui aimait le noir.

     

    Pour le retenir auprès d’elle l’eau s’est tenue à jamais entre le vrai couchant et

    les velléités de la lune.

    Rien ne l’attacha à sa mère / l’habit consacré tomba sur le fils pubère et il la quitta pour devenir Dieu-Haleur.

     

    L’attendant / toujours enfermée dans la nuit / l’eau compose des langages fébriles.

     

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     


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