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    ...rochers crucifiés ... avec Stéphane Barsacq

     

    Ce choc l'autre soir, en écoutant de la musique pour la première fois depuis si longtemps : corps déchiré, dilaté, flottant, cette tension de tout l'être, ramassé dans chaque nerf. Les sens en éveil. Un à un, remis. Voilà, ce corps m'appartenait enfin, ne m'appartenait plus. Quelque chose m'avait saisi et dépassé dans la joie: je ne m'appartenais plus autrement qu'en esprit. 

     

    La joie ? Sans cause extérieure à elle-même, un point étendu, ouvert à l'altérité. Voir les choses, en recevoir la leçon, n'en tirer aucune leçon, participer. Être. Être la mer. Être les rochers. Être l'horizon. Être au nom du ciel. Devenir le ciel, la mer et les rochers crucifiés. 

     

     

    Stéphane Barsacq, Mystica, Revue NUNC /éditions de Corlevour, 2018, p. 88.

    (Fragment publié avec l'aimable permission de l'auteur.)

     

     

     

     


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    La présentation de l'éditeur Franck Joannic:
     
    Publiée elle aussi pour la première fois dans la revue, Luminitza C. Tigirlas propose dans L’Ampoule n°4 l’une des nouvelles les plus surprenantes de ce numéro avec sa « Fureur d’ascite ».

    Impossible de résumer ce texte étrange et dérangeant, dont voici les premières lignes :

    « Toiles de tente : trois tourelles pointues, blanc aigu. L’image rappelle un conte ou un cirque ambulant. Un seul regard jeté dehors et l’enfance est là. Bâche rosâtre, une bande de coutil ou de plastique enroulé, une sorte de boudin assez large — ce sont les contours d’un grand rectangle, presque un carré, étendu par terre sous mes yeux qui guettent du troisième étage. Tout cela a surgi en une journée sur le terrain vague d’en face, devenu à sa manière un parc. La végétation pousse en liberté depuis toutes ces années où le lieu a été abandonné en jachère. Le lendemain la neige a recouvert le tout. Une neige de fin février qui a exécuté en vitesse son tango vespéral pour s’enfuir en fin de matinée. La couleur du ruban étalé en bas reste vivifiée par l’humidité et me fait penser à un cordon de fuchsias pourpres fraîchement fauchés et sacrifiés à je ne sais quelle déité des figures géométriques. » 



    La revue (94 pages, 12 euros) peut être commandée en ligne : http:// www.editionsdelabatjour.com /2018/11/ l-ampoule-hors-serie-n-4.ht ml
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    …suite et fin

     

    Pyreta lèche d’un bond la trace laiteuse de ce qui chuinte avec l’aube, elle la respire par chaque molécule d’eau errante.

    Est-elle encore rivière ?

    L’évaporation l’attire vers le bleu des mots d'en haut, très Haut. Ici le Dieu-Haleur se rêve dansotant à nu le son, l’enfance se faufile dans un jardin connu.

    Il y a un rythme trotteur dans le silence du souvenir:

    — Bois petit pas… Bois Saule à mots suspendus… Bois Tilleul d’en bas de l’impasse vallonnée…

    Un temps encore plus ancien tient éveillé l’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur, qui n’est pas toi.

    Il l’aimante :

    — Par ici, par ici Pyreta, ton lit est sol que l'eau suçote, il est feuilles  de flot

    messager et d'hellébore, ton corps n'a pas à tenir de frontière. Passe par ici où

    le jour hisse ses voiles de réverbérations, ici tes rives envahies d'herbes à fous

    les éblouissent à coups de chuchotis

     

     

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas)

     

     

     

     


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    la solitude d’un poème   ...avec François Coudray


    l’enfance n’est pas un refuge

     

    mais elle desserre la corde étranglée du soir sur la ville

     

    avec la nuit les mots      à force d’essayer tissages incertains béances abandons

     

    dénouent le chant

     

    l’air sur la peau descend de la montagne

     

    le dos contre la pierre la nuit

     

    la ville

     

    respirent

     

    la lumière tremblante des phares

     

    la solitude d’un poème

     

    François Coudray, l'enfant de la falaise, L'Harmattan, 2018, p.31.

     

     

     

     

     


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    L'année 2018 n'est pas encore fini !

    Elle m'apporte  dans la boîte aux lettres

    la Revue Alsacienne de Littérature N° 130.

    Dans la rubrique VOIX MULTIPLES,

    j'ai la surprise de découvrir mes poèmes,

    des extraits d'un ensemble inédit intitulé Aoûtement,

    que j'avais confié au comité de rédaction.

    Je reste d'autant plus reconnaissante à cette belle revue

    qui m'a fait déjà l'honneur de publier

    un autre ensemble de mes poèmes dans son N° 127.

     

     

     

     

     

    La suite de cet ensemble est à lire dans

    la Revue Alsacienne de Littérature N° 130, 2018.

     

     

     


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    je me lève ébouriffée     ... avec Anna Jouy

     

    je me lève ébouriffée


    l’araignée de mes mains tisse la bonne aventure


    c’est un pas en équilibre sur un fil chagrin


    par poignées les herbes de la tête tombent

     
    flic flac la faux

     
    j’aurai l’air d’une planète dans une bulle de neige


    quelque part autour des griffons et des anges


    connaissent la moisson


    ils labourent et sèment la nouvelle saison


    je serai sous le signe des jachères


    une terre en cortège


    les sillons fendus, la mer par-dessus.

     

     

    Anna Jouy, 13 février 2018, dans 

    Journal poétique / www.jouyanna.ch

     

    Tous droits réservés © Anna Jouy 2015

     

     

     

     

     

     


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    "Le vent s'émeut en vertu" est le titre que j'ai donné à un ensemble de treize poèmes qui vient de paraître dans la revue "Traversées" N° 89, 2018, p. 39-51. Toute ma gratitude à Patrice BRENO et au Comité de lecture de cette remarquable revue qui m'honorent en me publiant pour la deuxième fois après m'avoir accueillie dans le N° 84, 2017, p.134-140 avec l'ensemble de poèmes "Chevauchée au gluau". Notre histoire se tricote (se fait couverture aux nœuds) avec des mots noués aux fils des Parques, les Tria fata : Morta est peut-être la première à être éprise de poésie... 

     

     

     

     

    Le vent s'émeut en vertu

     

     

     

     

     

    Le vent s'émeut en vertu

     

     

     

    La suite de cet ensemble de  mes poèmes

    est à lire dans la revue "Traversées", N° 89, 2018, p. 39-51.

     

     

     

     

     

     


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