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    Pour Doïna VIERU   et …le jour de 23 octobre

    lorsque son chant a donné le ton à sa peinture

     

     

    Leurres des blancs      Ensommeillées

    lueurs des jours premiers

    Ce temps est gong

    L’écru s’émince bredouille

     

    L’autre continent dort

    Deux océans volent    —une berceuse—

    Les flots se la partagent

    dans ta main

    où les couleurs débordent d’un ici lointain

    où la neige de l’enfance est ronde

     

    (Luminitza C. Tigirlas, Un vingt-trois octobre à nous,

    dans  Poèmes de la soif matinale, Série d'inédits, 2018.

    @ Tous droits réservés ) 

     

     

    ...où la neige de l’enfance est ronde

     

     © Doïna VIERU

     

     

     


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    …suite

    L’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur lève un coin d’infini et s’élève sur une échelle que ce maître a fait mine de ranger à travers une nue.

    La hardiesse du Dieu-Haleur a défiée l’aiguillage prémonitoire.

     

    Aujourd'hui plus que jamais à la recherche d’une chair sans frontières, l’âme errante de Pyreta sillonne —rivière— le récit de l’oubli et de l’abandon d’une terre originelle.

     — Ri-Ri-Ri-Ris!

    Son fils a mordu dans cette miche au goût de poème ensommeillé.

     

     

    Le Dieu-Haleur est le premier poète de sa lignée / E-eh flop !

    Un désespoir latent jubile dans sa voix-ponton qui part de la rive Est pour ne jamais encore atteindre le rivage éclairé d’en face…

     

     (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     


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    "Noyer au rêve" présenté dans "Poésie sur Seine", 98   

    Image de couverture: peinture de Doïna Vieru 

     

     

    Sous le soleil ébouriffé d'hier, 13 octobre, j'ai reçu la revue "Poésie sur Seine", son numéro 98 de septembre 2018.

    Le feuilletant distraitement, j'ai eu la joie de découvrir sur la page 40 mon propre poème "Elle appelle de tout son corps: pluie!"               

    Ma reconnaissance va aux HOMMES qui m'ont inspiré ce poème et à l'équipe de rédaction qui m'a fait l'honneur de le publier parmi les textes d'autres auteurs.  

    *** 

    Et aussi je remercie très chaleureusement Antoine de MATHAREL pour sa lecture fine de mon recueil "Noyer au rêve", (éditions du Cygne, 2018, préface de Xavier Bordes, image de couverture: Doïna Vieru)   dans L’actualité poétique par les livres, du même numéro 98 de "Poésie sur Seine", pages 108-109:

     

     

    Poésie sur Seine, 98: deux surprises

     

     

    Antoine de MATHAREL, "Poésie sur Seine", N°98, septembre 2018, pages 108-109.  

     

     

     

     

     

     

     


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    …suite

    Entre deux berges ondo-noyées, la rivière se tend et feint de se tenir à un cours dessiné sous les taillis des saules blancs.

    Elle déteste qu’on la prenne pour Frontière. / Pyreta est le seul nom qu’elle accepte en plus de celui de mère.

     

    Dans un élan de sa large bande-son, l’eau scintillante se hâte de retrouver son Danhube et de se confondre dans ses tumultes.

     

    Même si le Dieu-Haleur ne peut l’en empêcher, sa voix soignée s’élance:

    — E-eh-vaille !- E-eh-vaille !- E-eh-vaille !

     

    La lame vertige les brisures sonores / Elles s’alourdissent dans les fibrilles humides du corps maternel à tout jamais fuyant.

     

     

     

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     

     

     


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    La Pierre Amour       ...avec Xavier Bordes

     

    Sur l'étendue la solitude hâte ses caravanes

     

    Au loin dans l'air tremblant de l'avenir

    Miroite le puissant pressentiment de l'eau

    L'oasis avec sa noria où tourne un vieil âne

                à n'en plus finir

     

    Aveugle comme toi dans ce monde profane 

    Il verse infatigable et lent la fraicheur à pleins seaux

             Sans un pleur et sans un soupir

     

    A  chaque pas quand il balance le museau

           Sa tête bourdonnante s'auréole

    - Grâce au soleil qu'il ne voit point - d'un soleil de paroles

     

          Il trottine dans le noir sans attendre de récompense 

                           Sans plus savoir même s'il pense;

         L'axe de bois rythmé grince comme un oiseau...

     

     

    Xavier Bordes, "Portrait du poète en âne",

    in La Pierre Amour, Gallimard, 2015, p. 173.

     

    ©Éditions Gallimard

    « Tous les droits d’auteur de ce texte sont réservés.

    Sauf autorisation, toute utilisation de celui-ci autre

    que la consultation individuelle et privée est interdite ». 

     

     

     

     

     

     

     


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    Les Sonnets à Orphée    ...avec Rainer Maria Rilke

     

    Sois toujours mort en Eurydice – et plus chant que
    jamais
    remonte, et plus louange, ainsi remonte au pur rapport.
     

    Ici, chez les passants, sois, au royaume où tout prend fin,
    sois un verre qui sonne et dans le son déjà se brise.
     

    Sois – et sache à la fois la condition qu’est le non-être,
    l’infini fondement qu’il est de ta ferveur vibrante,
    et donne à celle-ci, unique fois, pleine existence.

     

    Rainer Maria Rilke, « Les Sonnets à Orphée II »,

    in Œuvres poétiques et théâtrales, Gallimard, 1997, p. 607.

     

     

    PS: Extrait de mon essai "Rilke-Poème. Elancé dans l'asphère",

    L'Harmattan, 2017. Voir:

     

    http://luminitzatigirlas.eklablog.com/rilke-poeme-a147912408  

     

     

     

     

     

     


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    …suite

    —Reviens... Reviens à toi Dieu-Haleur, tire et fait grelotter encore la gousse sonore !

    Appâtée par le vide, ma solitude m’effraye et ton silence sonne creux au long de mon cou… /

     

    Cette supplique transperce l’air serré comme une détresse et l’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur l’intercepte

    Une Sirène muette ?!

    Qui sait ? Eh-Eh-Eh !

    C'est...C'est...C'est...

     

    En hauteur, la voix de la rive Est s’épand dor-ée-dormante, elle sent le coing duveteux et les myrtilles embrumées. Un souffle de gel pré-hivernal s’esquisse et rode sur le chemin transparent du halage.

    L’eau halète lorsque la courroie vocale de son fils se déploie à nouveau.

     

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     


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