• Respiration(*26)

     

    Avec Patrick Dubost: Une "respiration"  

    (*26)

    Je m’appelle Mélancholie.

    Avec un « h ».

    Pour ne pas confondre avec

                    la fleur.

    Quelle fleur ?

    J’aurais voulu

                devenir un personnage.

    Je ne suis jamais

                que moi-même.

    Avec ma voix.

     Mes vêtements de la veille.

    Et ces mots qui ne m’appartiennent pas

                et ne m’appartiendront jamais.

    J’ai laissé

                mon nom au vestiaire.

    Accroché avec mon manteau.

    Là je ne suis pas nue et même

                tout à fait habillée mais

                sans mon nom je me vois

                comme un peu nue.

    Un peu morte.

    Un manteau dans la mort

                ne sert plus à grand chose.

    Même avec un nom dessus.

    Je m’appelle Mélancolie.

    Sans « h ».

    Brute de fonderie.

    La mort pour moi

                c’est du béton.

    C’est comme se faire copine

                avec un mur.

    Au moins nous n’avons que

                des vies simples.

    Ou moins simples parfois.

    Mais qui n’ont rien à faire ici.

    Alors nous enfilons des manteaux

              volés dans les vestiaires

              avec des noms dessus

              qu’on assume en partie.

     

    Patrick Dubost, Mélancolie douce, La rumeur libre éditions, 2013, p. 33-35.

     

     

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