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    …suite

    Entre deux berges ondo-noyées, la rivière se tend et feint de se tenir à un cours dessiné sous les taillis des saules blancs.

    Elle déteste qu’on la prenne pour Frontière. / Pyreta est le seul nom qu’elle accepte en plus de celui de mère.

     

    Dans un élan de sa large bande-son, l’eau scintillante se hâte de retrouver son Danhube et de se confondre dans ses tumultes.

     

    Même si le Dieu-Haleur ne peut l’en empêcher, sa voix soignée s’élance:

    — E-eh-vaille !- E-eh-vaille !- E-eh-vaille !

     

    La lame vertige les brisures sonores / Elles s’alourdissent dans les fibrilles humides du corps maternel à tout jamais fuyant.

     

     

     

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     

     

     


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    …suite

    —Reviens... Reviens à toi Dieu-Haleur, tire et fait grelotter encore la gousse sonore !

    Appâtée par le vide, ma solitude m’effraye et ton silence sonne creux au long de mon cou… /

     

    Cette supplique transperce l’air serré comme une détresse et l’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur l’intercepte

    Une Sirène muette ?!

    Qui sait ? Eh-Eh-Eh !

    C'est...C'est...C'est...

     

    En hauteur, la voix de la rive Est s’épand dor-ée-dormante, elle sent le coing duveteux et les myrtilles embrumées. Un souffle de gel pré-hivernal s’esquisse et rode sur le chemin transparent du halage.

    L’eau halète lorsque la courroie vocale de son fils se déploie à nouveau.

     

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     


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    …suite

    Repos est un mot inconnu pour la rivière /

    Nus et Goulus, des O-O-O-O-O surgissent d’elle et encerclent l’instant où le fils renonce… à se nommer / Dieu-Haleur n’est pas un emploi /

    Le corps de l’Enfant ploie sous l’incrédulité de la mère.

    Encore plus lourde que sa peine, une motte de rive le récolte, l’appelle, l’enserre et l’échauffe, ressemé en elle comme il le fut jadis entre les rives de sa mère.

    Une flopée des libellules relie l’Est à l’OùEst —

    Zou-ou-oum ! Zou-ou-oum ! Ou-oum-zoum !

    Leurs virages déconcentrent l’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur /

    Il les confond avec l’une de ses manivelles et les retourne sur elles-mêmes comme dans un tambour de lumière…

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     


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    La rivière flambe et les saules égouttent leurs branches carbonisées. Les dernières syllabes pleureuses se consument jusqu’à la feuille pâlotte de l’arbre plié en deux.

    La voix du Dieu-Haleur luit dans ce vert longiligne / Un vert-vertige froissé par les échos de tout l’Est possible / C’est la voix de plusieurs vociférations réunies et elle fuse dans l’impératif /

    La bouche brûlée de sa mère-rivière l’entend.

    Faute d’un père, elle incendie L’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur — Aimez-le ! Aimez-le ! Aimez-le !

    La cordelette de l’exhortation lange le timbre du fils. Il quitte son rôle, il n’est plus Dieu-Haleur / Un instant, dans ce délire à deux, la mère se refait...  

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     

     


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    L’eau gémit, ses molécules se brisent sur les ossuaires de l’autre langue. 

    Dans les limbes, ton souffle tâte l’air de l’Est / L’estuaire tords ses remous : oies d'écume traversent tes cerceaux d'ailes anonymes… 

    Pourquoi muer et se défaire de la peau nommée limba 

    Le Dieu-Haleur porte en voix ce derme originel / Il persiste à ne pas y mettre du fard/ Rare- Rare- Rare ! / Et surtout rien à envier aux pervenches d’en haut du large / Celles qui outragent le rire marin avec leur ultra bleu. 

    Le coucher met le feu aux nuages balbutiants / Tu les dévisage : les nues changent d’hémisphère comme les sondeurs qui se rouent d’hémicycle en hémicycle le nez dans des études. 

    Les mots en faillite ne s’embrasent que rarement dans ta globule orientale / L’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur pince la corde d’une nouvelle volière / Le son fouette le monde et prend le silence en otage… 

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     


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    …suite

     

    Une éclaboussure vocale de l’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur envahit ton ouïe. Tu ne sais pas négocier: ni avec ton alarme, ni avec ce soudain éclat — angoisse de l'autre...

    Ce négoce s’apprend par la honte. Tu en es démuni / Sur tes joues un autre sentiment accusateur recouvre la honte / C’est l’ocre du silence.

    — Ogre ! Quel ocre ? Je disais OGRE : goule de toutes les couleurs et sans aucun ancrage sur les joues de quiconque.

    — Sans appartenance, sans bagages, tu prends tes cours d’espoir auprès d'une cigogne ténébreuse…

    L’Est s’allonge langoureusement sur sa rive d'origine. Au-dessus de l'eau-frontière surgit le fantôme d’un cri : Foui- Foui- Foui !

    En réponse, le Dieu-Haleur éructe à peine : Yorck... Obnubilé par le timbre liquide de sa mère, il ne s’accorde qu’un rot discret.

     

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     


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    Toujours à l’orée du couchant / le même rivage apparaît tantôt hespérique tantôt occidental = le même.

    Son flanc tourne au gré des sentences amendées par l’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur, qui n’est pas toi.

     

    Ouh …pouh …pou / c’est le chant d’un autre / un crapaud sonneur à ventre de feu. Le pionnier du temps doux se tient dans l’eau timide du bord.

    Et encore plus discrètement une série de Ouh Ouh ne me touchez pas, je suis venimeux…

     

    Le Dieu-Haleur l’attrape avec une pelle et l’écarte de sa mère.

    Muet, le sonneur plonge ses yeux globuleux d’amour dans une mare de l’Est.

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     


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