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    …suite

    Le vent d’hier a oublié ses béquilles sur la rive Est. C’est la rive claudicante.

     

    Pyreta arrose les cannes de l’aquilon, elles poussent de petits cris verdoyants qui enlacent les saules, leur blanc fuyant. 

    L’amour les empourpre et une lumière se déhanche dans l’eau comme dans l’air — on l'entend écheveler les roseaux  :

    Oya-Oya-a-a Oya-Oy-ai-é

     

    Temps ivre de pépiement…

     

    Le Dieu-Haleur reboit à la source du premier son et la rive d’OùEst le cajole en écho

    Avant que la glace ne dentelle la voix de Pyreta-rivière, l’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur, qui n’est pas toi, l’ensemence de poèmes émiettés en feux-follets

     

    Leur respiration fait fondre la frontière

     

     

     

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     

     

     


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    …suite

    Pyreta respire l’évanescence des clameurs qui la rompent entre elle-même et les contours de son fils.

    Las d’elle ou lâché par sa voix, le Dieu-Haleur se perd dans le virage écrit / Un texte de boue argileuse le fait prendre corps de trop/ l’imprime à demeure/

    Le grain des pages n’y est pour rien.

    À tire-d’aile, cette nuit s’abat laiteuse — les nuages de ta neige sont encore excités par le dernier poème d’O.M.

    Les tournants s’accélèrent au-dessus d'Ungheni, ville de la rive Est. Sur le pont pré-ferré, l’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur, qui n’est pas toi, accorde les rails dissonants / largo largo /...entre deux lambeaux d'une même terre

    Pour une dé-cantate

    Ou Requiem à la seule perte que tu désires ardemment:   cette frontière doit, doit chuter !

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     

     


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    …suite

    Le jour s’enfuyait avec un cri laminé dans la bouche d’un renard-vulpes qui jaunissait à vue d’œil /

    C’est alors que le Dieu-Haleur —au lieu de vociférer— a commis un texte incrusté dans la trace du canidé / Comm-ettre rend coupable, fait zoom sur la culpabilité (verte et planée)  / Du vol(a-t-il), du voleur, du volage…

    Détournée des sons aigus, la narration venue au Dieu-Haleur s'auto-expulse de la berge de l’Est.

    Le même contenu manifeste sera à bannir de la rive d’OùEst.

    Chevauchant dans l’écho du milieu, l’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur, qui n’est pas toi, va devoir monter la texture

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     


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    …suite

    L’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur lève un coin d’infini et s’élève sur une échelle que ce maître a fait mine de ranger à travers une nue.

    La hardiesse du Dieu-Haleur a défiée l’aiguillage prémonitoire.

     

    Aujourd'hui plus que jamais à la recherche d’une chair sans frontières, l’âme errante de Pyreta sillonne —rivière— le récit de l’oubli et de l’abandon d’une terre originelle.

     — Ri-Ri-Ri-Ris!

    Son fils a mordu dans cette miche au goût de poème ensommeillé.

     

     

    Le Dieu-Haleur est le premier poète de sa lignée / E-eh flop !

    Un désespoir latent jubile dans sa voix-ponton qui part de la rive Est pour ne jamais encore atteindre le rivage éclairé d’en face…

     

     (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     


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    Entre deux berges ondo-noyées, la rivière se tend et feint de se tenir à un cours dessiné sous les taillis des saules blancs.

    Elle déteste qu’on la prenne pour Frontière. / Pyreta est le seul nom qu’elle accepte en plus de celui de mère.

     

    Dans un élan de sa large bande-son, l’eau scintillante se hâte de retrouver son Danhube et de se confondre dans ses tumultes.

     

    Même si le Dieu-Haleur ne peut l’en empêcher, sa voix soignée s’élance:

    — E-eh-vaille !- E-eh-vaille !- E-eh-vaille !

     

    La lame vertige les brisures sonores / Elles s’alourdissent dans les fibrilles humides du corps maternel à tout jamais fuyant.

     

     

     

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     

     

     


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    —Reviens... Reviens à toi Dieu-Haleur, tire et fait grelotter encore la gousse sonore !

    Appâtée par le vide, ma solitude m’effraye et ton silence sonne creux au long de mon cou… /

     

    Cette supplique transperce l’air serré comme une détresse et l’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur l’intercepte

    Une Sirène muette ?!

    Qui sait ? Eh-Eh-Eh !

    C'est...C'est...C'est...

     

    En hauteur, la voix de la rive Est s’épand dor-ée-dormante, elle sent le coing duveteux et les myrtilles embrumées. Un souffle de gel pré-hivernal s’esquisse et rode sur le chemin transparent du halage.

    L’eau halète lorsque la courroie vocale de son fils se déploie à nouveau.

     

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     

     


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    Repos est un mot inconnu pour la rivière /

    Nus et Goulus, des O-O-O-O-O surgissent d’elle et encerclent l’instant où le fils renonce… à se nommer / Dieu-Haleur n’est pas un emploi /

    Le corps de l’Enfant ploie sous l’incrédulité de la mère.

    Encore plus lourde que sa peine, une motte de rive le récolte, l’appelle, l’enserre et l’échauffe, ressemé en elle comme il le fut jadis entre les rives de sa mère.

    Une flopée des libellules relie l’Est à l’OùEst —

    Zou-ou-oum ! Zou-ou-oum ! Ou-oum-zoum !

    Leurs virages déconcentrent l’Aiguilleur-du-Ciel-sonneur /

    Il les confond avec l’une de ses manivelles et les retourne sur elles-mêmes comme dans un tambour de lumière…

     

    (Prose poétique inédite de Luminitza C. Tigirlas.

    ...à suivre au gré des jours)

     

     

     


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